Cet été, on court avec la Lyonnaise Suzanne Cariant

Cet été, on court avec la Lyonnaise Suzanne Cariant

La pratique de la course à pied n’a jamais été aussi populaire. La Lyonnaise Suzanne Cariant ne peut que s’en réjouir. Entraîneuse running certifiée par la Fédération Française d’Athlétisme, préparatrice mentale et créatrice de contenu, la sportive est notamment spécialisée dans l’entraînement féminin.  Rencontre avec une coach passionnée qui va vous faire aimer la course à pied et bouger positivement.

Votre passion pour la course à pied est plutôt récente…

Effectivement ! Je ne suis pas née sportive. J’ai commencé à pratiquer le sport à l’âge de 30 ans. Je ne faisais aucun sport avant. En fait, j'ai eu une expérience de vie malheureuse qui fait que j'ai trouvé dans la pratique de la course à pied, un moyen de transpirer mes soucis et de fuir un peu ce qui pouvait me rendre triste.  Petit à petit, je me suis rendue compte que ce sport me procurait des émotions positives. Je suis tombée amoureuse de cette pratique-là et j'ai eu très vite envie de me challenger en faisant le marathon de Paris. Et après, j'ai continué à faire un marathon par an jusqu'à présent. 

Vous avez sorti en janvier dernier un livre intitulé Le Running au féminin. Pourquoi avoir écrit cet ouvrage ? 

J’ai travaillé pendant 10 ans en protection d'enfance avant de faire une reconversion professionnelle. Quand j'étais assistante sociale, j'étais déjà très impliquée dans tout ce qui était lié aux droits des femmes. Quand j'ai été enceinte de mon deuxième enfant, j’ai découvert qu'il y avait plein d'aspects pour lesquels on n'avait pas de réponses concernant la pratique sportive chez les femmes. Par exemple comment s’entraîner quand on est enceinte, ce que l’on peut faire et ne pas faire...  C’est de là qu'est née l'envie pour moi de pouvoir essayer de me former, de me spécialiser et par la suite de transmettre.  Dans le livre, il est question d’entraînement pendant la grossesse, du postpartum, des règles, de la pré-ménopause, de la ménopause… Ce n'est pas forcément très abordé aujourd’hui...  J’avais donc envie d'en parler pour que les femmes ne se disent pas qu'il y a des moments de leur vie où elles ne peuvent plus !

C'est plus difficile pour une femme de faire de la course à pied qu'un homme ?

Je pense que ce n'est pas plus difficile.  Je pense que la femme à travers tout ce qu'elle porte au quotidien, avec une charge mentale différente, se rend moins disponible pour elle-même. Généralement quand une femme pense à faire un marathon, elle a déjà pensé à comment elle allait s'organiser au boulot, à la maison et avec les enfants. Alors que d'autres personnes, notamment les hommes, vont peut-être aller plus facilement sur un projet de marathon sans forcément avoir besoin de tout clarifier dans leur tête. Il ne s'agit pas non plus d'aller sur un discours qui oppose les genres, mais plus pour prendre conscience que les femmes, parfois, elles s'autorisent moins.  Et moi, mon objectif, c'est de leur montrer qu'elles ont tout autant la légitimité de pouvoir faire que les hommes. 

Vous êtes aussi sur les réseaux sociaux sous le pseudo suzzyone (près de 63 000 abonnés) où là aussi vous prodiguez vos conseils de course à pied au quotidien.

Ça a toujours été très important pour moi dès lors que je me suis formée en tant que coach. Quand vous donnez, vous allez recevoir d'une façon ou d'une autre parce que vous créez une communauté. Et ça, c'est hyper important. C'est quelque chose qui vous anime au quotidien. La deuxième chose importante à mes yeux est qu'il est important aussi de venir démocratiser tout ce qui crée du mouvement. Le mouvement crée le mouvement dans la vie. Ça, je m'en suis rendue compte dans ma vie professionnelle d'assistante sociale.  Et j'avais envie de partager à travers les réseaux sociaux tout ce qui pouvait générer des exercices permettant aux personnes de pouvoir pratiquer sans se blesser, maintenir une activité physique aussi longtemps que possible.

Quel conseil vous donneriez à quelqu'un qui a envie de débuter la course à pied ?  

Pour moi, la course à pied est faite pour toute personne qui a envie de courir. Ce n'est même pas une question de savoir si la course est possible pour soi ou non.  Il faut en premier lieu en avoir envie.  Si on a envie d'aller courir, on n'a pas besoin de grand-chose. Une paire de baskets, une brassière adaptée.  Ensuite, le premier conseil, c'est la régularité. C’est ce qu'on va viser, plus que de vouloir en faire trop et finalement s'en dégoûter. Après, il y a la progressivité. C'est hyper important aussi de pouvoir augmenter progressivement le temps de l'entraînement pour ne justement pas se blesser. Il faut accepter qu'il y ait un temps de latence pour trouver un nouvel équilibre et pouvoir pratiquer sereinement.

Pourquoi la course à pied plaît-elle autant depuis ces dernières années ?

Je pense que c’est le sentiment de liberté.  C'est un sport qui est libre. Finalement, on dépend de peu de choses.
C'est un sport individuel mais qui fait vivre des émotions collectives. Parce que quand vous prenez le départ d'une compétition, on vit tous la même chose.

Votre rêve en tant que coach et coureuse ?

Je pense que ce serait de me dire que j'ai posé ma petite pierre à l'édifice. Montrer le chemin des possibles, c'est une véritable volonté.  Après, en tant que coureuse, je pense que mon rêve absolu serait de faire les plus grands marathons du monde. Ceux qu’on appelle les Majors : Tokyo, Boston, Londres, Sydney, Berlin, Chicago et New York.

Propos recueillis par A.D.