On vous attend dans quelques jours à Lyon pour votre spectacle Drama queen. C’est vous la Drama queen dans ce spectacle ?
Bien sûr ! Dans le stand-up, on part de soi et on crée une extension exagérée. Je n'aurais jamais pu camper une ingénieure droite dans ses bottines et à l'heure à son cours de pilates. Je ne peux malheureusement pas faire de sport car j'ai une maladie : ça m'emmerde.
Quels messages voulez-vous faire passer dans ce spectacle ?
Utiliser son temps de parole pour faire passer des idées progressistes est normal selon moi, ce serait ne pas investir mon rôle de citoyenne visible. Donc l'égalité hommes-femmes, la politique, la santé mentale… Après ne vous inquiétez pas y'a des moments légers où je parle de troubles alimentaires (rires).
Vous êtes aujourd’hui une figure phare de la scène queer et féministe. Trouvez-vous que les mentalités ont changé grâce à des artistes comme vous ?
Je n’ai pas l'égo de croire que je change l'avis de ceux qui ne sont pas du mien puisque la guerre culturelle est déclarée. Par contre, je sers de catharsis pour ceux qui résistent à la peste néo-brune actuelle. Je reçois des messages très touchants de femmes qui me disent que je les aide sincèrement à se trouver, à oser, à rire, à se battre après avoir vu le spectacle ou lu mon livre. J'aurai servi au moins à ça, et c'est déjà plus que ce que j'espérais au début. D'ailleurs, je n'espérais rien, je ne l'ai pas écrit pour convenir à une posture, je l'ai écrit parce que c'était un sursaut du cœur.
Selon vous, peut-on rire de tout ?
Oui mais pas avec ceux bloqués dans la matrice de leur algorithme, qui pensent en plus passer entre les mailles du filet de la propagande. Il faut passer moins de temps devant sa télé et son écran de téléphone, et plus de temps dans la vraie vie. Et fumer un bon joint de CBD (rires).
Vous êtes à la fois humoriste, chroniqueuse à la radio et à la télévision, autrice… Quelle est la prochaine étape ?
Je rêve de cinéma, d'écrire, de réaliser, de jouer. Je commence aussi une bande dessinée !
Un rêve que vous aimeriez accomplir au cours de votre carrière ?
Ma première vocation : être styliste. J'avais passé les écoles de mode de Paris et j'en avais eu une prestigieuse mais je ne pouvais pas la payer. Je pense que rien n'est fini tant que ce n’est pas fini. On a droit à plusieurs vies. A 40 ans, je serai peut-être multi-divorcée, pleine de Valium et à la tête d'une maison de couture. On croise les doigts.
Lyon est une ville que vous connaissez ?
Oui ! j'ai de la famille qui y vit. Ce n'est pas une simple date de passage de la fin de ma tournée pour moi, je concocte un vrai show ! En première partie, des drags queens locales de talent comme Vernita vont ouvrir le spectacle. Le centre LGBT de Lyon aura également un stand d'infos à l'entrée. J'ai si hâte de foutre le bordel à la Bourse du Travail !