"Je pensais que la PMA ne fonctionnerait jamais pour moi" : le combat de la Lyonnaise Émilie Boulay-Luce

"Je pensais que la PMA ne fonctionnerait jamais pour moi" : le combat de la Lyonnaise Émilie Boulay-Luce
Émilie Boulay-Luce / Crédit Axelle Zeller

À 42 ans, Émilie Boulay-Luce n’en est pas à son coup d’essai dans le parcours de la PMA (la procréation médicalement assistée).

Voilà six années que la Lyonnaise se bat pour avoir un enfant, seule. Un processus long, semé d’embuche mais qui a porté ses fruits : Emilie est désormais enceinte. Rencontre avec cette future maman, au parcours inspirant.

L’idée t’est venue en plein confinement…

J’ai eu bien le temps de réfléchir, j’étais toute seule chez moi. Je suis allée sur internet, "comment faire un bébé toute seule". En 2020, je n’ai pas le choix que d’aller à l’étranger, car la loi sur la bioéthique n’est pas encore passée en France. Pour moi, ça allait marcher tout de suite, j’allais aller en Espagne et j’allais tomber enceinte. Je découvre à mon premier essai que ça ne se passe pas comme ça.  

Ça ne fonctionne pas au premier coup.

Ni au deuxième coup, au troisième… J’évolue au fil des échecs. Au début tu commences par une simple insémination, puis une FIV (fécondation in vitro). J’avance, j’écoute les médecins. C’est là que je commence à me passionner pour le sujet, à en faire une mission de vie.

Tu partages ton parcours sur tes réseaux 

Oui, très ouvertement. Je me suis rendue compte qu’on était très nombreuses dans ce cas-là, et très nombreuses à vouloir faire un bébé toutes seules. C’était encore un peu tabou à cette époque.

Ton activité professionnelle tourne aussi autour de la fertilité ?

À cette époque là, j’étais salariée. En août 2022, je fais une fausse couche. Ça a chamboulé beaucoup de choses dans ma tête. Après ça, j’ai commencé à organiser des évènements sur Lyon pour regrouper les femmes en PMA. Mon but c’était de les réunir dans un moment convivial, au lieu d’un cercle de parole où on va tous pleurer.

Tu as toujours gardé le cap ?

À mes 40 ans, je n’avais plus d’embryons. Je décide d’arrêter. J’ai laissé beaucoup d’argent, de temps et d’énergie. Je voulais arrêter de m’infliger tout ça. Et j’étais sûr de moi ! (rires). Mon corps ne voulait pas enfanter. Il fallait passer à autre chose. Quelques mois après, cette envie m’est revenue en pleine face. Je suis repartie dans le parcours. Mes ovocytes n’étaient plus de bonne qualité. J’ai fait un double don, d’ovocytes et de sperme, ça a fonctionné. Aujourd’hui, ma fille qui pousse dans mon ventre n’a pas mon ADN.

Comment se passe ta grossesse ?

La crainte est toujours là. Avec un parcours comme ça… tu n’es jamais vraiment sereine. Quand je ne la sens pas bouger, je suis en panique. Ce n’est pas une grossesse lambda. Après un premier trimestre compliqué, je relance actuellement des évènements, axés sur la fertilité et la maternité. Je travaille aussi en freelance avec BonHer.

Quel serait ton conseil ?

Ne pas lâcher. Il y a plein de solutions. Il ne faut pas craindre le don d’ovocytes. Faut aller au bout ! Preuve en est : je pensais que ça ne fonctionnerait jamais pour moi !