Baisse des subventions, employeurs frileux, mauvaise image de la profession… Pour Sylvie Clary, directrice de l’institut de formation au sein de l'Hôpital Saint-Joseph Saint-Luc, les raisons sont multiples. Elle lance un appel aux établissements de santé lyonnais.
Que ce soit en EHPAD ou à l’hôpital, les aides-soignants désertent les couloirs. Même constat à domicile. Une tendance que Sylvie Clary compte bien contrer : "Depuis le 13 janvier, nous avons ouvert notre propre CFA, avec 14 apprentis" se réjouit la directrice de l’institut de formation au sein de l'Hôpital Saint-Joseph Saint-Luc, qui veut rendre la profession à nouveau attractive. Trop souvent éclipsé par le statut d’infirmier, Sylvie Clary entend remettre un coup de projecteur sur ce métier d’aide-soignant : "C’est dommage, car une infirmière sans aide-soignant, même un médecin sans aide-soignant, un hôpital sans aide-soignant ou des EHPAD sans eux ne peuvent pas fonctionner. C’est un métier qui est très riche, et souvent mal perçu dans notre société". Un métier essentiel mais déserté. Malgré cette mauvaise image, Sylvie Clary tient à rappeler l’importance de cette profession : "Il y a beaucoup de relationnel. C’est un métier qui aide la personne, ils font la toilette, ils aident à manger, à se lever… C’est aussi un métier qui arrive à faire sourire des gens qui sont tristes, les gens qui sont à l’hôpital, où les personnes vieillissantes".
: "C’est un métier qui arrive à faire sourire des gens qui sont tristes".
Pour la directrice de l’IFAS, chacun a son rôle à jouer, de la structure de formation jusqu’à l’État : "Le recrutement n’est pas forcément facile, avec les nouvelles mesures gouvernementales, les employeurs ont moins d’aides. (…) Ce serait intéressant qu’au niveau publique et politique, on puisse mettre quelque chose en place, pour expliquer et montrer ce côté professionnel. Je trouve que ce n’est pas encore très bien valorisé". Ce manque d’attractivité, Sylvie Clary le ressent dès les bancs de l’école. "On le vois dans la formation initiale. On a très peu de public qui s’inscrit pour la sélection, peu de candidature".

Atelier toilette au lit
"Chacun à un rôle à jouer"
La directrice se tourne ainsi vers les structures locales : "À tous les établissements lyonnais, vous voulez des aides-soignants ? Il vous en manque ? Et bien formez-les ! Prenez-les en apprentissage, en alternance ! Si on pouvait nous entendre, et dire allez, j’en prend au moins un cette année !". Sylvie Clary reste optimiste quant à la suite des évènements. "Chacun à un rôle à jouer. On est tous complémentaires. À tous, on peut y arriver, et on peut aider ces jeunes".
En 2025, ce sont 118 jeunes qui ont été diplômés en tant qu’infirmiers ou aides-soignants par l’IFAS Hôpital Saint Joseph Saint Luc.