Yanka, cette artiste lyonnaise engagée qui va vous faire danser

Yanka, cette artiste lyonnaise engagée qui va vous faire danser
YANKA Crédit Noémie Lacote

Rencontre avec une artiste à suivre de très près.

Entre candeur et audace, Yanka joue sur les contrastes : une voix presque enfantine pour véhiculer des textes percutants, habités par un esprit de rébellion et une volonté d’inclusion. Sur des productions hybrides, à la croisée du rap, de la trap, de la pop et de l’électro, la jeune lyonnaise signe une entrée remarquée avec son premier album, Trouble Fête.

Bonjour Yanka ! Parle-nous un peu de toi.

Je fais du rap féministe, et plus particulièrement de l’hyper rap, voire du rap hardcore. Il y a beaucoup de sonorités nouvelles. J’échappe un peu à ce truc classique boob bap. Je ramène de la musique électronique, principalement. Ça peut aller du UK garage jusqu’à de la dance des années 2000. Il y a aussi pas mal de trap, bien saturée, qu’on est allé piocher aux States. Ça fait 20 ans qu’ils font ça.  Je me suis beaucoup inspirée de ce que j’écoute, dans le rap fait par les femmes ou les minorités de genre, qui elles-mêmes vont piocher vers des trucs très avant-gardes.

Avant de chanter, tu étais DJ ?

Oui, j’ai commencé derrière les platines parce que je ne me sentais pas encore légitime de prendre le micro, même si ça fait depuis mon adolescence que je fais des open mics et que j’écris. Mais pas de là à me professionnaliser. Je me suis donnée cette légitimité un peu tard, j’ai vu que ça marchait. Maintenant, je fais pratiquement que du live rap. Ça m’arrive de faire deux – trois dates comme DJ, c’est le cas cet été aux Nuits de Fourvière. Ça me fait trop plaisir d’y revenir parce que ça me permet de redigger d’autres meufs dans le rap, ce qui se fait actuellement, ça me redonne des idées.  

Tu as présenté Trouble Fête en début d’année…

Ce premier album, qui vient de sortir en février dernier, c’est une ode à la fête libre et solidaire, à la rave party. Un truc assez dansant, assez provoc. Il a été entièrement produit par King Doudou (ndlr. DJ-producteur originaire de Villeurbanne). On a fait un mélange de styles, on a travaillé plusieurs sonorités, notamment autour des musiques électroniques. Ce qui fédère un peu tout ça, la ligne directrice, c’est la lutte, la solidarité, le féminisme. 

Yanka - Trouble Fête (c) Noémie Lacote, Laura Hervé

C’est quoi la suite des aventures ?

Pour l’instant, je profite un peu de la scène. On a monté un nouveau live cette année pour ce nouvel album. Je suis contente, il fonctionne bien. Je m’éclate sur scène ! Je commence à avoir d’autres idées pour la suite. Je sais à peu près où je veux aller pour 2027. J’aimerai bien rentrer plus dans un album écrit et intimiste. C’est un peu ce que j’avais commencé à faire dans Trouble Fête pour deux morceaux, qui parlent un peu d’amour, de rupture, de déception sentimentale, un peu à travers un tableau de la renaissance. Je suis très inspirée par ça en ce moment ! Cela veut dire aller peut-être vers des sonorités plus acoustiques, même si je compte rester beaucoup sur la musique électronique, parce que je viens de là et que ça me fait plaisir de faire danser. C’est mon créneau ! Pourquoi pas mélanger du jazz, un peu à la Little Simz… On verra !

Une collaboration qui te fait rêver ?

Mon featuring de rêve, ce serait avec une productrice qui s’appelle Meel B. Elle a fait beaucoup d’instrus pour des rappeuses en France et à l’internationale. Je la trouve incroyable, et il n’y a pas beaucoup de place encore pour les productrices sur la scène française… En chanteuse - rappeuse, j’aimerai bien Kalika, on s’entend super bien depuis notre rencontre il y a deux ans à Villeurbanne où j’avais fait sa première partie. Et sinon Uzi Freyja, ce sont des sonorités assez rap, mais elle se permet d’avoir un univers beaucoup plus élargi. C’est assez punk dans l’intention, ça me parle vachement. En France, JUL aussi ! C’est mon rêve de jeune adulte. C’est un mec du peuple, ça rentre dans la tête. Et puis dans le rap, c’est le pionnier à avoir ramené des sonorités électroniques. Il est humble et hyper doué, et j’aime beaucoup bosser avec des génies un peu fous.

Yanka - (c) Noémie Lacote

Quelles sont tes inspirations ?

À l’internationale, il y a Lola Brooke qui fait pas mal de trap. Et puis elle est toute petite aussi, elle a dû défendre sa place et ça me fait rire, elle fait des vidéos un peu ironiques où elle se fait porter par ses gardes du corps, il y a toute une mise en scène. J’aime bien quand ça bascule un peu sur le ton de l’humour et l’autodérision, pour montrer que la différence, elle est acceptable et que on peut en faire quelque chose d’autre que subir.

Les concerts à venir

·  30/04 – La Rayonne, Lyon

·  20/06 – Les Nuits de Fourvière, Lyon avec Ino Casablanca, Yâme et Asfar Shamsi

·  21/06 – Les Subs, Lyon

·  23/06 – Festival La Guill en Fête, Lyon

Mon Lyon

Quartier fétiche : Le 9ème arrondissement où je viens de déménager. J’adore aller boire mon café à La Raffinerie, en faces des arbres en fleurs. Et mon spot préféré pour faire la fête c’est Grrrnd Zero.

Se balader : J’adore aller voir des expos, aux Beaux-Arts, à l’Institut d'art contemporain (Villeurbanne), le MAC (Le Musée d'art contemporain de Lyon).

Faire du shopping : J’aime digger des vinyles en brocantes. J’adore Les Puces du Canal !

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