Femmes Cheffes, l’association qui ne veut pas compter pour du beurre

Femmes Cheffes, l’association qui ne veut pas compter pour du beurre
Femmes Cheffes, l’association qui ne veut pas compter pour du beurre - DR/Doriane Ayache

L’une est cheffe pâtissière, l’autre est sociologue spécialisée dans les problématiques de genre. Pauline Legal et Raphaëlle Asselineau sont les fondatrices de l’association lyonnaise Femmes Cheffes dont l’objectif est d’apporter de la visibilité aux cheffes de la capitale de la gastronomie.

Où sont les femmes ? Dans le domaine de la restauration, elles sont bien là… mais encore trop peu visibles. Rien que dans l’édition 2024 du Guide Michelin, les restaurants étoilés dirigés par des femmes ne représentent que 8% des établissements distingués par le célèbre guide rouge. Face à ce constat mais aussi en raison d’un sentiment d’isolement, la cheffe pâtissière Pauline Legal, passée notamment par la prestigieuse Cour des Loges à Lyon, a décidé de faire bouger les choses à son échelle. Il y a trois ans, elle commence à prendre contact sur les réseaux sociaux avec d’autres professionnelles du secteur. C’est là que la cheffe pâtissière se rend compte que les autres femmes souhaitent la même chose qu’elle : se rencontrer et échanger. Pauline Legal organise ce qu’on appelle des meet up avec jusqu’à huit participantes réunies autour d’un café. "Ça aurait pu en rester là", déclare-t-elle. 

Mais l’envie d’aller encore plus loin est bien présente. "Sauf que je ne savais pas comment faire." La cheffe pâtissière va finir par trouver la solution grâce à sa rencontre avec Raphaëlle Asselineau, sociologue spécialisée dans les problématiques de genre et connaissant bien le milieu associatif. "On a les mêmes valeurs et l’envie de combattre", confie Pauline Legal. L’association Femmes Cheffes voit le jour. La soirée de présentation attire 25 cheffes tandis que l’évènement de lancement rencontre un franc succès en novembre dernier avec plus de 100 personnes intéressées. Pas question pour autant de se précipiter et d’accepter toutes les demandes. "On ne veut pas faire de déçues." Hors de question également d’exclure les hommes, ils sont les bienvenus pour soutenir leurs collègues féminines.

"L’objectif premier de l’association est d’offrir de la visibilité aux cheffes car il y a un vrai manque aujourd’hui. Certaines ont le syndrome de l’imposteur et n’osent pas. Il faut pourtant oser aller aux évènements pour y décrocher des places", poursuit la cheffe pâtissière. Femmes Cheffes a déjà pris des contacts avec différentes structures et différents évènements pour se faire connaître et demander justement à ce que les femmes soient plus présentes. Et les retours sont sans appel : "Ils veulent des cheffes mais ne savent pas où les trouver. L’association veut être l’intermédiaire qui stimule ces femmes. On veut aussi créer des évènements pour montrer le talent de nos membres. Il faut s’organiser pour aller chercher notre place", insiste Pauline Legal qui met en avant la volonté de faire de Femmes Cheffes "un réseau mais surtout un village de bienveillance avec une vraie sororité".

A.D.