Doucement mais sûrement, la Maison des femmes de Lyon prend toute sa place dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle a maintenant ouvert ses portes en septembre 2024 au sein de l’hôpital Edouard Herriot dans le 3e arrondissement. Il n’est pas question ici d’une structure d’urgence mais bien d’un lieu permettant aux femmes victimes de violences de se reconstruire grâce à la présence d’une équipe pluridisciplinaire composée de médecins généralistes, gynécologues obstétriciens, médecins légistes, sages-femmes, infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux ou encore juristes. Il est même possible de déposer une plainte sur place.
Près de 250 femmes prises en charge depuis plus d’un an
"On se définit de plus en plus comme un lieu refuge. C’est l’idée que la Maison des femmes puisse être un espace où chaque femme puisse retrouver ses capacités d’agir et confiance en soi", assure Fanny Asselineau, directrice du collectif associatif de la Maison des femmes de Lyon. Ce sont en effet neuf associations du territoire lyonnais, déjà mobilisées dans la problématique des violences faites aux femmes, qui travaillent conjointement avec les Hospices Civils de Lyon.


Depuis son ouverture, la Maison des femmes de Lyon, près de 250 femmes ont pu se voir proposer un parcours d’accompagnement d’au moins trois mois. "On est dans cette volonté que toutes les femmes peuvent trouver leur place. L’accueil et l’écoute sont les premiers soins que l’on peut prodiguer aussi", précise le Dr Julie Perlier, gynécologue et responsable médicale de la Maison des femmes de Lyon.
"L’hôpital a quelque chose de neutre que n’a pas une association spécialisée"
"Un nouvel acteur dans l’écosystème déjà existant." Tel est le bilan dressé par l’équipe de la Maison des femmes plus d’un an après l’accueil des premières victimes. "Le premier défi est d’arriver à faire notre place tout en respectant celle des autres", poursuit Fanny Asselineau. "Il ne faut pas se substituer aux structures qui existent déjà mais venir renforcer le maillage du territoire", ajoute la directrice du collectif associatif de la Maison des femmes de Lyon. Le travail ne fait cependant que commencer avec l’objectif dans les prochains mois de faire encore plus connaître le lieu. "De nombreuses victimes restent invisibles. On accueille des personnes de tous les âges, de tous les profils et de tous milieux confondus. C’est la force d’être situé au cœur de l’hôpital. Il a quelque chose de neutre que n’a pas une association spécialisée. Mais on reste en difficultés pour cibler certaines personnes pas épargnées par les violences notamment le public vieillissant", explique Fanny Asselineau.


Depuis le mois de janvier dernier, un entretien d’évaluation "beaucoup plus spécifique" a été mise en place pour les femmes ayant rempli le formulaire disponible sur la Maison des femmes. Les activités se multiplient également sur place à l’image d’ateliers, de séances de gymnastique holistique ou encore de brunchs. "Des femmes sont très en demande de rencontrer d’autres femmes. On veut varier les supports pour que chacune, en fonction de sa sensibilité, puisse trouver l’espace où se raconter et où rencontrer d’autres personnes."
Chaque département de France devrait avoir sa propre Maison des femmes d’ici 2027.
A.D.