Cette ancienne sportive invente des semelles protectrices d’athlétisme à Lyon

Cette ancienne sportive invente des semelles protectrices d’athlétisme à Lyon
Cette ancienne athlète invente des semelles protectrices d’athlétisme à Lyon - DR

Coralie Gassama a 26 ans et est originaire d’Evreux, en Normandie. Ex hurdleuse de haut niveau elle imagine un projet innovant, créé par une athlète pour les athlètes. Des sur-semelles pour la protection des pointes.

D’athlète de haut niveau à entrepreneuse

Elle emménage à Lyon pour poursuivre sa carrière d’athlète, entamée dans sa région natale, au sein du club de Bron. En parallèle, elle étudie à l’Université Lyon 1, en STAPS.  C’est dans le cadre d’un projet scolaire, en cours d’entreprenariat, qu’elle imagine ce qui deviendra quelques années plus tard la Key One. En effet, elle pense un projet inédit qui serait de fabriquer des sur-semelles de protection pour les paires de pointes des athlètes. Confrontée à l’univers de l’athlétisme depuis toujours, elle est bien placée pour savoir que ce serait une révolution pour les sportifs. “Ce n’est pas toujours confortable de marcher hors de la piste avec ses pointes et ça les abimes beaucoup“, déclare-t-elle.

En raison d’une fracture au tibia, elle décide de mettre fin à sa carrière prometteuse en 2023. Coralie se consacre donc pleinement à son projet, qui se révèle être une idée qui plaît. Durant ses deux années de master, les ingénieurs étudient le processus de création ; puis elle entre dans un incubateur universitaire lyonnais et lance sa startup en février 2021. Elle confie : “grâce au réseau que j’ai dans l’athlétisme, j’ai pu faire parler de Keyena“.

Keyena veut dire “pourquoi pas ? “, en Wolof, un dialecte Sénégalais, qui fait référence à ses origines. Et elle baptise ses sur-semelles “Key One“, pour symboliser l’importance de cet accessoire. Elles sont en vente en ligne sur le site de keyena.com et vendues également par des revendeurs spécialistes comme Top4Running, I-Run et Alltricks.

Du made in France recyclable

L’entreprise s’inscrit dans une démarche éco-responsable en proposant aux athlètes la possibilité de conserver plus longtemps leurs paires de pointes. Mais également en ayant fait le choix d’une conception française, d’une fabrication française et d’une main d’œuvre française ! “Par ailleurs, en sélectionnant des matières recyclables, Keyena fait le choix de réduire les déchets du cycle de production, en permettant aux athlètes de retourner leurs semelles estimées en fin de vie, afin de leur en donner une seconde“.

Key One pour qui ?

Coralie cible un public large : tous les athlètes. Du niveau départemental à national, les sportifs n’ont pas toujours les moyens, ni les sponsors, pour changer de paire aussi régulièrement que nécessaire. Puisque en effet, elle déclare : “selon l’étude que l’on a réalisée, plus de 50% des athlètes disaient changer de pointes chaque année ou tous les deux ans“. Avec l’inflation et l’arrivée du carbone dans les compositions des chaussures, les prix ont flambé, “une paire de pointes peut coûter aujourd’hui entre 250 et 300 euros“.

Les figures de Keyena

La marque a plusieurs ambassadeurs de haut niveau et actionnaires, tous liés au sport. “Laura Valette est ambassadrice, médaillée en équipe de France, elle est aussi ma meilleure amie“, Pascal Martinot-Lagarde et Valentin Lavillenie sont ambassadeurs également. Récemment, le joueur en équipe de France de football et au Bayern de Munich, Dayot Upamecano a décidé d’investir dans l’entreprise. Originaire d’Evreux, “on se connait depuis longtemps et était scolarisés ensemble, on est restés en contact“. Il contribue ainsi à la visibilité de Keyena et prépare son après carrière.

Avis à celles qui souhaitent intégrer la Keyena Family. Puisque jusque-là tous les investisseurs sont des hommes, Coralie souhaite trouver une investisseuse… L’entreprise n’a pas encore clôturer la levée de fonds et apprécierait la collaboration avec une femme.

E.M

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