Remboursement des protections périodiques réutilisables dès la rentrée : une Lyonnaise veut aller plus loin

Remboursement des protections périodiques réutilisables dès la rentrée : une Lyonnaise veut aller plus loin
Remboursement des protections périodiques réutilisables dès la rentrée : la lyonnaise Estelle Thollet veut aller plus loin - DR

La mesure était attendue avec impatience plus de trois ans après son adoption.

Les protections périodiques réutilisables seront remboursées dès la rentrée pour les femmes de moins de 26 ans ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, soit 6,7 millions de personnes concernées. Deux catégories de protections seront prises en charge : les coupes menstruelles et les culottes menstruelles. De quoi interpeller Estelle Thollet, fondatrice de la marque lyonnaise Sacrée Française proposant des serviettes hygiéniques lavables.

"C’est une avancée pour les femmes mais ça peut aller plus loin." Depuis maintenant 10 ans, Estelle Thollet coud à la main des serviettes hygiéniques lavables dans son atelier à Lyon. Une entreprise baptisée Sacrée Française née dans un premier temps de besoins personnels et dans une démarche de réduction des déchets. "Je me suis renseignée au début sur les protections jetables avec des interrogations sur leur composition. J’ai bien vu qu’il y avait un gros problème là-dessus… Maintenant, c’est aussi par amour de la femme que je propose ces produits pour leur santé, leur bien-être, leur confort et leur sécurité", explique la fondatrice de Sacrée Française.

Aujourd’hui, Estelle Thollet se réjouit de voir ces produits réutilisables de plus en plus utilisés par les femmes. L’entrepreneuse souligne également la volonté des pouvoirs publics de se saisir du sujet de la précarité menstruelle. En avril dernier, le gouvernement a notamment annoncé le remboursement partiel des protections périodiques réutilisables "dès la rentrée universitaire". La mesure, qui faisait partie du budget 2024 de la Sécurité sociale, avait été adoptée en décembre 2023. Elle prévoit un remboursement de 60% du prix des protections périodiques réutilisables en pharmacie pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sans limite d’âge. Seules les coupes menstruelles et les culottes menstruelles font aujourd’hui partie de la mesure. "C’est très bien sur le principe mais les serviettes lavables n’entrent pas encore dans le dispositif. Elles étaient pourtant comprises au début. Je trouve que c’est dommage", regrette Estelle Thollet qui s’inquiète aussi de la main mise des industriels sur le sujet au détriment du savoir-faire local comme celui fait par Sacrée Française qui exige que chaque composant de ses protections (coton, éponge de bambou, membrane imperméable, boutons-pression) soit certifié Oeko-Tex Standard 100, un label testant les textiles contre plus de 100 substances toxiques.

"Il faut bien informer les gens sur le fait qu’ils doivent faire attention pour ne pas se faire embobiner sur la composition. Que les industriels aient une traçabilité parfaite en sachant que les serviettes lavables sont fortement conseillées pour les femmes souffrant d’endométriose ou d’autres problèmes gynécologiques. Si elles se tournent vers des produits qui n’ont pas les bonnes certifications de composants, ça ne mènera à rien…", insiste Estelle Thollet. "On se bat aussi là-dessus pour ces femmes qui sont dans ces difficultés mais également pour répondre à une problématique qui prend de plus en plus d’ampleur dans la société. On essaye de changer les choses à notre échelle", conclut-elle.