Laetitia Pansanel-Garric signe la musique de « Moulin », avec Gilles Lellouche

Laetitia Pansanel-Garric signe la musique de « Moulin », avec Gilles Lellouche

La compositrice, qui a notamment travaillé sur " Frida ", accompagne le drame historique de László Nemes consacré à Jean Moulin. Une partition qui privilégie la tension intérieure aux grandes envolées héroïques.

Comment traduire en musique la résistance d’un homme face à la brutalité ? Pour « Moulin », Laetitia Pansanel-Garric a choisi la retenue. Sa composition fait dialoguer de brèves poussées instrumentales, des textures oppressantes et des silences, au plus près de la tension psychologique du personnage incarné par Gilles Lellouche. Réalisé par László Nemes, à qui l’on doit « Le Fils de Saul », ce drame historique revient sur l’arrestation de Jean Moulin en juin 1943, alors qu’il tente de réunifier l’Armée Secrète. Il raconte sa confrontation avec Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon, interprété par Lars Eidinger.

Une musique pensée dès le scénario

Pour construire sa partition, Laetitia Pansanel-Garric a travaillé directement à partir du scénario. Une démarche destinée à éviter que la musique ne se contente de souligner ce que montrent déjà les images. Inspirée des musiques de film des années 1970, sa composition repose sur des thèmes cycliques et une économie d’effets. Elle oscille entre réalité et perception intérieure, pour approcher la psyché de Jean Moulin sans transformer le résistant en figure musicale triomphante.

Ce travail s’articule avec la création sonore de Tamás Zányi. Les interventions instrumentales, brèves mais puissantes, se mêlent aux sons du film dans une partition minimaliste, marquée par une atonalité froide.

Debussy, Offenbach et les chansons de l’entre-deux-guerres

À cette musique originale s’ajoutent plusieurs œuvres du répertoire classique. Le film fait notamment entendre le troisième " Liebestraum " de Franz Liszt, la " Barcarolle " des " Contes d’Hoffmann " de Jacques Offenbach, interprétée par Anna Netrebko, ainsi que " Clair de lune " de Claude Debussy, joué à l’image par le pianiste Balázs Szokolay.

Des chansons de l’entre-deux-guerres complètent cet univers sonore, parmi lesquelles " Il ne faut pas briser un rêve " de Jean Sablon et " Unter heißem Himmel " de Hans Albers. Autant de voix et de couleurs musicales qui côtoient la partition dépouillée de Laetitia Pansanel-Garric.