Comment ton parcours t’a-t-il amenée à écrire ce livre sur l’auto-sabotage ?
Pendant le Covid, j’ai créé Inspirante au féminin avec ma meilleure amie, pour donner la parole à des femmes inspirantes. J’ai ensuite lancé Level Up with Clara et accompagné de nombreuses femmes à travers des coachings et des masterclass. Je retrouvais souvent les mêmes blocages : le manque de confiance, la comparaison, la peur de ne pas être capable… J’ai compris que beaucoup s’auto-sabotaient sans même le savoir.
Tu parles de huit formes d’auto-sabotage. Comment as-tu compris que certaines des barrières que l’on rencontre viennent parfois de nous-mêmes ?
Je l’ai surtout observé pendant mes coachings et mes événements. Certaines femmes me disaient : " Clara, c’est impossible, je ne peux pas lancer ça. " Mais " Pourquoi ? Qu’est-ce qui te bloque vraiment ? " Notre éducation peut également jouer. Si, depuis petite, tu entends par exemple que les personnes qui réussissent sont forcément mauvaises, tu peux inconsciemment développer une peur du succès. Prendre conscience de ces mécanismes permet déjà d'aller beaucoup plus loin.
Et toi, quel est l’auto-sabotage qui t’a le plus freinée ?
Le besoin de validation des autres, surtout au sein de ma famille. J’avais tendance à demander énormément de conseils et à penser : " Je ne suis pas capable ", " Je suis nulle ". Ma grand-mère a beaucoup compté dans mon parcours. C’était une femme forte qui croyait énormément en moi. D’ailleurs, l’océan présent sur la couverture de mon livre est un hommage à elle, puisque ses cendres y reposent. Avec le temps, j’ai compris qu’on pouvait aimer sa famille et écouter ses conseils sans vivre à travers ses peurs. Il faut aussi expérimenter et se construire son propre avis.
Le syndrome de l’imposteur est beaucoup évoqué aujourd’hui. Comment savoir quand il nous empêche réellement d’avancer ?
Un premier signe, c’est d’attendre constamment d’être prête à 100 %. Tu te dis : " Je ne suis pas capable ", " Je ne suis pas suffisamment préparée ", donc tu n’y vas pas. Pour moi, l’une des meilleures façons de contrer ça, c’est le passage à l’action. La confiance ne vient pas avant d’agir. C’est une fois que tu fais quelque chose que tu réalises : " Ah oui, en fait, je suis capable. " Et la fois suivante devient plus facile.
Avec les réseaux sociaux, la comparaison est devenue presque permanente. Est-ce qu’ils amplifient nos auto-sabotages ?
Clairement. On voit constamment quelqu’un qui semble avoir un meilleur matériel, un meilleur contenu ou être plus avancé que nous. Mais il faut se lancer avec ce qu’on a. Il faut aussi rester authentique. Les gens s'attachent à une personnalité, à ce que tu leur apportes, pas uniquement à un décor parfait. Moi, quand j’ai commencé, j’avais zéro abonné. Aujourd’hui, ça commence à fonctionner parce que je n’ai pas arrêté.
Si une lectrice se reconnaît dans cette interview mais ne sait absolument pas par où commencer, que lui conseillerais-tu de faire dès demain ?
Déjà, identifier son auto-sabotage. Si elle se reconnaît dans cette interview, c’est qu’il y a probablement quelque chose qui a déjà fait tilt. Ensuite, il faut s’informer et se demander : qu’est-ce que cela m’empêche concrètement de faire ? Dans quel domaine est-ce que je m’empêche de passer à l’action ? À partir de là, on peut commencer à travailler dessus.
Ton livre est celui que tu aurais aimé lire quelques années plus tôt. Si tu pouvais parler à la Clara de cette époque, que lui dirais-tu aujourd’hui ?
" Arrête d’être ta pire ennemie. Concentre-toi sur toi, règle tes problèmes et avance. " On passe beaucoup trop de temps à se demander ce que les autres vont penser. Alors qu’en réalité, les gens sont surtout concentrés sur leur propre vie. Avant, une critique pouvait définir la valeur que je m’accordais. Aujourd’hui, elle me passe beaucoup plus au-dessus.
Je fais ce que j’ai envie de faire. Et ça apporte énormément de paix.