Néosnobismes healthy

Green smoothie, graines d’urucum, jeûne anti-âge… Best of des derniers tics trendy dans la quête du « sain » Graal.

 

Les potions magiques chic
 
Les deux dernières années ont été terribles. Pas une actrice ou un top qui ne déclarât à nos oreilles lasses boire chaque matin son verre d’eau chaude au citron ! Cette détox préhistorique – « canarino » pour faire plus chic – est supplantée par de plus amusants breuvages. Si l’eau de coco séduit toujours, ses propriétés restent mystérieuses, mise à part celle de faire tinter les tiroirs-caisses… Le green smoothie tient désormais le haut du godet. Les « healthistas » se concoctent au blender ce cocktail de concombre, céleri, pomme, coriandre ou persil. Qu’importe l’exacte composition pourvu que le mélange fruits/légumes soit vert fluo. Des milliers de recettes sont proposées sur le Net. Le blog le plus expert est celui de l’Américaine Victoria Boutenko (www.greensmoothiesblog.com), auteure du best-seller Green for Life, qui fait son beurre (enfin, son tofu !) de cette tendance. Le stade maximaliste est le « jus vert », où les fruits sont remplacés par des graines germées… Ou encore le green magma, un jus d’herbe d’orge en poudre star des officines bio.
 
La “power food” qui grimpe
 
Le diktat éco-friendly, fourre-tout lifestyle, a encore de beaux jours. Et les fruits de la nature aussi. Depuis qu’on trouve les « aliments-santé » comme le goji ou les baies d’açai sur n’importe quel marché, le petit cœur volage des biomaniaques se tourne vers des produits plus snobs. Au rayon nouvelles nourritures célestes, toutes puisées dans le vaste réservoir de la biodiversité sud-américaine, on note la poussée de l’aguaymanto (des baies), de l’urucum (des graines) ou du lucuma (en poudre), déjà appréciés des Incas, comme il se doit. Les algues, l’autre branche de la nourriture à superpouvoirs, ne sont pas en reste. Après la spiruline, c’est la Klamath (provenant d’un lac de l’Oregon) que l’on s’administre en paillettes.
 
« On ne les grignote pas pour se faire plaisir, mais pour se faire du bien »
 
Pour en savoir plus sur ces présumées bombes à nutriments, on butine sur www.sol-semilla.fr. L’idée est bien entendu qu’on ne les grignote pas pour se faire plaisir, mais pour se faire du bien. Contrairement aux graines de Chia (un autre must), le saucisson sec n’apporterait aucun oméga-3, par exemple.
 
Les nouveaux coachs que l’on s’arrache
 
Il y a peu encore, un bon homéopathe et un prof de yoga suffisaient. Les critères du moment, nettement plus pointus, prônent dorénavant le micronutritionniste et ses prescriptions d’ampoules radis noir/artichaut, de magnésium « chélaté », d’oligoéléments cuivre-or-argent et autres nouveaux amis qui vont nous sauver la vie. L’entraîneur au barefoot running est également très courtisé. Ce jogging, que l’on pratique avec de drôles de chaussures (Vibram) réputées reconstituer la sensation « pieds nus » du coureur kenyan, fait fureur. Il y a pléthore de coachs à New York ou à Londres, moins à Paris, sauf sur www.urban-challenge.fr. Un expert en « détox digitale » aidera enfin celles qui sont déjà au no gluten – le minimum syndical – à devenir wi-fi free, au moins dans leur chambre et pendant les vacances. Les filles clean and chic n’aiment d’ailleurs rien tant que cette nouvelle génération d’hôtels de rêve où on laisse son bazar techno à la réception (www.blacktomato.com).
 
Je suis jeune, je jeûne
 
Cela fait certes un moment que certaines pratiquent le jeûne hors de tout contexte religieux, mais avec un sens du rituel certain : quelques jours de jus végétaux – le bouleau, c’est la santé ! – aux changements de saison, par exemple. Quand elles ne séjournent pas dans des cliniques d’anti-aging où la diète coûte très cher. La pratique qui monte, particulièrement chez les Anglaises, apprivoise le principe mais sur le long cours : il s’agit du programme « IF, 5.2 ». 
 
Le principe de l’IF, 5.2 : maintenir à bas niveau l’hormone de croissance
 
« IF » pour Intermittent Fasting (« jeûne intermittent ») ; et « 5.2 » pour deux jours par semaine où l’on se restreint à 500 calories. Le reste du temps, on fait ce que l’on veut. Ce mode de vie – car on est censé l’adopter ad vitam æternam – est inspiré de celui des athlètes olympiques et aurait pour but de prolonger la durée de vie en pleine forme. Le principe : maintenir à bas niveau l’hormone de croissance (facteur de vieillissement chez l’adulte)… L’émission du docteur Michael Mosley sur la BBC, « Eat, Fast & Live Longer », a fait figure d’événement national au Royaume-Uni : suivie par 2,5 millions de personnes en août dernier, elle génère depuis un flux continu sur YouTube. 
 
Deux nouveaux gourous 100% éco-friendly
 
Alejandro Junger 
Ce cardiologue new-yorkais est le promoteur du Clean Program, un régime détox de vingt-et-un jours qui fait fureur, et où deux repas sur trois sont totalement liquides… Le but n’est pas de maigrir, quelle horreur ! Mais de restaurer la capacité du corps, qui se fatigue moins à digérer, à se guérir tout seul de ses misères (enfin traduit : Clean, éd. Ariane).
 
Jennifer Thompson 
Cette Américaine, ex-ingénieure, est la star de la raw food, la nourriture crue et vivante, qui est un des grands dadas du moment, avec ses chapelles et ses dévots. Basée en Thaïlande, elle se déplace pour quelques happy few, mais dispense son savoir en ligne pour les autres, sur son site www.healthybliss.net et en rendez-vous virtuels personnalisés.
 

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